METHODE PERT : RESEAU & SOUS-RESEAUX

 

Le réseau PERT

L'ensemble des tâches d'un projet constitue le réseau. On parlera de réseau PERT lorsque la symbolique adoptée est celle du PERT.

On distingue les plannings par réseau des plannings de Gantt qui utilisent une échelle proportionnelle au temps et à la durée du projet.

Tous les modes de représentation des plannings (Gantt, PERT, MPM) ont la même difficulté à savoir l'impression de documents lisibles et de taille standard. En effet, le problème se pose dès que le nombre de tâches du planning dépasse les quelques dizaines ou la centaine : comment imprimer le planning sans perte d'information (ces fameux liens de dépendance entre les tâches) ?

Les progiciels du domaine n'ont pas résolu la question et proposent des impressions de piètre qualité puisque le document planning est toujours restitué d'un seul tenant quelle que soit sa taille qui dépend directement du nombre de tâches et de la durée du projet.

Les plannings par réseau offrent des possibilités intéressantes de découpage dès lors qu'on dispose d'un lien particulier capable de transmettre une relation de dépendance entre deux sous-ensembles du réseau. Je ne sais pas ce qui existe pour la méthode des potentiels (MPM) mais je présente ci-dessous le dispositif disponible pour le PERT.

 

Les sous-réseaux PERT

Un réseau PERT peut généralement être découpé en plusieurs sous-réseaux PERT. Les sous-réseaux peuvent alors être imprimés sur des feuilles séparées sans que la lisibilité en soit diminuée.

Le découpage permet également de regrouper et de représenter ensemble des tâches ayant des caractéristiques voisines : même site de réalisation, même phase d'un processus, même composant concerné, considérations chronologiques, etc. ce qui justifie qu'on puisse souhaiter les rassembler sur un même sous-réseau physique.

Remarque : il convient de se méfier du critère de découpage qui pourrait naturellement inciter à regrouper les tâches par corps de métier ou responsable. D'ailleurs, cela correspond parfois à une demande des participants de l'analyse PERT. Il est recommandé d'y regarder à deux fois car cela va à l'encontre de toutes les précautions prises pour faire travailler ensemble les contributeurs et régler au plus tôt les questions liées aux limites de responsabilité. Le PERT est un outil de dialogue qui rapproche les intervenants et les amène à communiquer entre eux sur la base d'une vision partagée du projet, évitons si possible de reconstituer les chapelles et les tranchées en isolant chacun dans son sous-réseau personnel !

Le concepteur d'un planning composé de plusieurs sous-réseaux doit déterminer très précisément où se situent les frontières de chaque sous-réseau dans l'ensemble du réseau global des tâches et affecter chaque tâche ou groupe de tâches à un sous-réseau particulier.

Ce découpage, outre ses aspects esthétiques, structurels ou organisationnels, doit respecter la logique d'enchaînement des tâches du projet et continuer d'assurer le respect des relations de dépendance existant entre des tâches physiquement disposées sur des supports différents. On utilise pour ce faire des liens interfaces particuliers qui transmettent les contraintes d'un sous-réseau à l'autre par delà les limites physiques du papier. Ceci est décrit en détail dans la section Interfaces entre sous-réseaux.

La difficulté du découpage en sous-réseaux réside dans le compromis à trouver entre un penchant respectable pour une répartition élégante, logique et pratique du contenu entre les différents sous-réseaux et l'objectif très pragmatique de limiter au maximum le nombre des sous-réseaux et la quantité de liens interfaces nécessaires pour transmettre les contraintes entre les tâches éloignées les unes des autres. Il s'agit d'un impératif économique très réel parce que la gestion des interfaces, on le verra plus loin, n'est pas négligeable en terme d'effort. Retenez que la qualité du découpage se mesure assez rapidement à la population des interfaces nécessaires pour transmettre les contraintes recensées entre les sous-réseaux constitués.

En terme de vocabulaire :

  • réseau désigne l'unique sous-réseau tant qu'aucun découpage n'a été effectué.

  • dès qu'il y a au moins deux sous-réseaux en présence dans un même planning, le terme réseau ne peut plus désigner que le réseau logique entier, c'est à dire l'ensemble des tâches et de leur relations de dépendance indépendamment de toute affectation à un support physique quelconque.

L'exemple d'un planning découpé en deux sous-réseaux est donné dans la rubrique Outillage du planificateur > CAPLAN.

 

 

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Sous-réseau ou sous-projet ?

Les sous-réseaux ne sauraient être considérés comme des sous-projets, même si certaines caractéristiques peuvent donner l'illusion d'une ressemblance.

Les sous-réseaux ne servent qu'à répartir les tâches d'un même projet sur les différentes pages du planning. Il s'agit d'une organisation de type " mise en page " destinée à améliorer la lisibilité alors que la notion de sous-projet adresse la structuration d'un programme en sous-ensembles confiés à des responsables distincts chargés de se coordonner entre eux.

A l'inverse, il est probable que le regroupement dans un même planning de l'ensemble des tâches d'un projet et de ses sous-projets, aux fins par exemple de renforcer la coordination et le pilotage de l'ensemble ou la visibilité de l'avancement, conduise à la réalisation de plusieurs sous-réseaux abondamment interfacés entre eux.

Donc laissons le planificateur organiser son planning PERT en sous-réseaux et les managers structurer les programmes en projets et sous-projets.

 

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